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Les ingrédients clés d’un bon storytelling

Alexandre Astier et TheGreatReview (alias Augustin Heliot) sont les 2 storytellers qui me viennent immédiatement à l’esprit lorsqu’on parle de cet Art de raconter des histoires.

Alexandre Astier et son Kaamelott, on ne les présente plus.

Quant à Augustin, il parle de jeux vidéo comme personne.

Comment font-ils pour captiver notre attention. Comment ça marche ?

Je n’aurai pas la prétention d’avoir décelé « leur truc » – à mon avis, il est multiformes. Mais j’ai noté quelques ingrédients clés.

De la technique (narrative)

Dans la vidéo qui suit (certes un peu longue – mais que je vous conseille pour plus tard), remarquez comment Alexandre raconte 2 histoires en parallèles, les fait converger à la fin de son récit, et saupoudre son discours de flashbacks.

On ne raconte pas les histoires n’importe comment. Il faut de la technique, de la méthode, voire de l’expertise.

Savez vous qu’il existe des méthodes qui permettent de raconter des histoires ?

Notamment « Le Voyage du Hero » de Joseph Campbell : un modèle narratif universel où un héros entreprend un voyage, fait face à des défis et des épreuves, se transforme grâce à ces expériences, et retourne finalement transformé et enrichi.

Et oui, quand on regarde bien, la plupart des histoire sont assez similaires. On parle ici d’un monomythe.

Des références

On ne compte plus les références qu’à utilisé Alexandre pour Kaamelott. Bien entendu, il s’agit d’une revisite de La Légende Arthurienne, mais en y intégrant de multiples éléments :

  • Séries : Stargate, Superman
  • Jeux : Donjons et Dragons
  • BD : Astérix
  • Jeux d’acteurs : Louis de Funès
  • Dialogues : à la manière de Michel Audiard, Jargon Lyonnais
  • Récit : Victor Hugo
  • Musiques populaires : « A la Volette »
  • Films : Star Wars, Sacré Graal
  • et puis Heat, Le Dernier Empereur, Gladiator, La fureur du Dragon, O’brother, Always, Les Affranchis, Poltergeist, Cuisines et dépendances, Hollow Man, Tous les matins du monde, James Bond, L’auberge Rouge, Le Désordre et la nuit, le Retour du Roi, etc. !

Loin du plagiat, ces références sont intégrés avec brio. Il utilise notamment l’anachronisme (laser de starwars au moyen age) et n’hésites pas à mélanger les genres : les chevaliers du moyen-age parlant un langage familier et contemporain, parsemé de jargon Lyonnais, tout en se vouvoyant.

Du rythme !

Alexandre Astier ayant une formation musicale, il a tenu à créer lui même les musiques de Kaamelott. Par ailleurs, il excelle dans la création de dialogues – très importants à ces yeux, et qui – eux aussi – doivent être rythmés.

On retrouve aussi cette importance du rythme dans le travail d’Augustin.

Je vous conseille de regarder cette vidéo (peut être plus tard) qui en dit long sur son style narratif. Voici comment il parle du jeu video « Outer Wilds » (là aussi, c’est long, mais ça vaux le coup) :

Dès le début de la vidéo, on remarque qu’il prend son temps.

Qu’il laisse toute sa place à la musique.

Aux pauses.

Il faut du temps, pour comprendre ce qu’il faut faire. C’est quoi, le but de jeu. On tâtonne. On essaie. Le rythme nous aide à nous mettre dans un état d’esprit. Ici, de recherche. De curiosité. De calme.

Et petit à petit, les choses deviennent plus claires, et on comprend – au fil d’indices – quel est cet univers, cette histoire, l’enjeu.

Puis se dessine un challenge…

Quand on comprend que le temps compte, qu’on risque d’en manquer, alors tout s’accélère. La musique. Le chrono qui apparait. Et alors qu’on prenait tout notre temps, cette fois, on court derrière !

Et on se met à espérer d’avoir le temps de finir cette quête.

De l’immersion

Augustin ne fait pas des vidéos de tests de jeu, ou d’avis de gamer.

On découvre le jeu par une histoire.

Il attise notre curiosité, nous donne envie d’en savoir plus. Cultive l’intrigue.

On n’écoute pas simplement son histoire. On embarque avec lui dans son vaisseau.

On est son copilote, son compagnon d’exploration.

Sa force, c’est de nous impliquer dans son récit. Par l’immersion.

Du travail

Il n’y a pas de secret. On n’atteint pas ces niveaux de production artistique sans travail. Le talent ne suffit pas.

Pour son spectacle L’Exoconférence, Alexandre à mis près d’un an à lire sur l’astronomie, à rencontrer des astronomes, à visiter des centres d’observation. Dans une interview, il confiait n’avoir écrit le spectacle qu’après s’être documenté pendant un an. Il cherche à en savoir un peu plus que les gens ordinaire, sur le sujet de son spectacle.

Les vidéos d’Augustin, elles, sortent toujours en retard ! Elles lui prennent un temps fou. On le voit dans certaines se filmer au milieu de la nuit, dans le dernier rush avant la publication.

Les 2 artistes tiennent à réaliser leurs propres montage. Ils pourraient le confier à d’autres ? Ces serait plus simple. Moins de travail. Mais ce ne serait pas eux. Le montage, c’est trop important pour être confié.

Ce qu’ils nous vendent, c’est une histoire, et le montage peut changer toute la donne quand à la qualité de celle-ci.

Ils choisissent donc le travail, à la facilité.

L’utilisation de ses ressources

Augustin utilise pour ses vidéos Youtube les sauvegardes des nombreuses sessions Twitch où ils joue à divers jeux devant ses fans.

C’est smart : il utilise se qu’il produit, pour créer un autre produit. Le fait de jouer pendant des heures lui permet de bien connaitre les jeux dont il va nous raconter l’Histoire. Il peut alors faire une sélection avisée de son axe narratif – qui fait mouche. Il convertit des vidéos brutes, qui ont principalement de la valeur lorsqu’elles sont visualisées en live, en autre valeur – des vidéos youtube au Storytelling fort.

Alexandre Astier utilise ses connaissances musicale pour créer ses musiques, mais aussi pour créer son spectacle sur Bach – « Que ma Joie Demeure ».

Par ailleurs, il est connu qu’il fait appel à ses proches pour les rôles dans Kaamelott, et à sa femme pour les costumes.

Ils travaillent à mon sens comme des artisans. Il créent en valorisent leurs ressources, avec leur savoir-faire.

Par ailleurs, le fait d’utiliser les ressources dont on dispose un un concept fondamental de la Théorie d’innovation TRIZ, et on le retrouve ici appliqué.

Et de la considération pour son oeuvre

Alexandre à repoussé l’adaptation de du 1er Volet de Kaamelott au cinéma, et s’est entrainé en co-realisant Astérix et le secret de la potion magique dans un premier temps.

Augustin a refusé de très belles offres de partenariats publicitaires, et en a finalement accepté à condition que le partenaire soit cité à la fin de ses vidéos – pour ne pas casser l’Histoire – et de manière très simple / rapide.

Quand on fait ces choix, quand on ne cède pas à l’appat d’un gain rapide, alors on protège son oeuvre, qui prend plus de valeur.

Leur refus montre combien leur oeuvre à de l’importance pour eux.

Conclusion

Nous avons donc abordé divers points qui – je pense – sont important pour le Storytelling :

  • de la technique
  • des références
  • du rythme
  • de l’immersion
  • du travail
  • l’utilisation de ses ressources
  • et de la considération pour son oeuvre

Cette liste n’est pas exhaustive. Mais j’espère qu’elle en partie vous inspirer si vous créez, vous aussi, des histoires.


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